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Nathanaël, ou l’étrange art du déplacement : Le Carnet de somme et son apatride traversée de frontières

ABSTRACT: La pratique liminaire qui se donne à voir dans Carnets de Somme imagine le soi délesté d’assises traditionnelles nettement délimitées : genre, sexe, nominalisation, ainsi récit, donc trame narrative. Il s’agit d’une esthétique qui trace les contours mouvants de l’identité dite queer, faisant de ce fait allusion aux catégories genrées et génériques héritées de la tradition qui ont limité la conceptualisation du genre, qu’il soit littéraire ou sexuel. Cette esthétique-éthique suggère des ouvertures, des chemins de traverse qui ont à voir avec le refus viscéral de la fixité identitaire traditionnellement imposée, particulièrement délétère pour le féminin traditionnellement dévalué. Ce qui fait l’originalité de la posture de N., l'instance énonciative, donc, c’est l’élargissement de sa situation d’entre-deux à une prise de position qui à la fois englobe et déstabilise, comme on l’a vu, diverses frontières, afin de remettre en question rien de moins que les fondements de la représentation de l’être : sont atteintes les représentations du soi et de l’autre, et donc, nécessairement, des frontières des sexes, des assises de la langue (pronoms), des langues, du singulier et du collectif, et par là, de l’entrechoquement des langues-cultures.

Talking Translation: An Interview with Lawrence Hill

ABSTRACT: This interview with Canadian writer Lawrence Hill addresses some of the difficulties faced by translators of his work, particularly when attempting to render period dialogue and Black idiom as authentically as possible. Much of the discussion focuses on his novel A Book of Negroes (also published under the title Someone Knows my Name, and, in French, as Aminata). The author is asked to reflect on what is lost−and gained−in translation.

Diaspora, anti-souchitude ou les écrivains sans frontière(s)

ABSTRACT: Comment concevoir la littérature dans un monde de plus en plus déterritorialisé sur le plan culturel ? En utilisant la poétique du nomadisme, telle que la conçoit Rosi Braidotti, nous proposerons de considérer la littérature francographique en décloisonnant les classifications actuelles pour souligner les liens rhizomatiques entre les écrivains d’espaces géographiques divers, par delà les frontières. J’examinerai d’abord la notion de frontière(s) et de territoire  pour souligner les maintes façons par lesquelles la culture globalisante du monde moderne les transgresse. Je parlerai ensuite du magnétisme d’un imaginaire façonné ailleurs pour faire ressortir l’entre-deux de l’écriture propre aux communautés disaporales, entre-deux qui exacerbe l’effet de push and pull, de tension créatrice avec la communauté d’accueil. Les propos de François Paré me seront utiles pour tenter de comprendre la "distance habitée" par les écrivains des diasporas francophones au Canada. Je me pencherai enfin sur une vision plus inclusive, telle qu’elle est exprimée par Rosi Braidotti, et qui permet d’effacer les frontières dans et par les mots.

Fantômes du passé chez Émile Ollivier et Gérard Étienne: de l’écriture comme exorcisme

ABSTRACT: L’œuvre romanesque d’Émile Ollivier et de Gérard Étienne tire ses motifs et ses thèmes de deux traumas qui sont dans rapport de cause à effet : la dictature et l’exil. Le passé douloureux des deux romanciers  déploie dans leurs textes ses fantômes et ses hantises dont la puissance obsédante semble inépuisable. À cet effet, l’écriture est pour eux  un rituel  d’exorcisme qui tente de donner forme et corps à l’informe, non pas pour chasser ce passé, mais pour le rendre accessible au logos et, ainsi, en atténuer le potentiel macabre. L’omniprésence spectrale du passé prend diverses dans l’œuvre des deux écrivains : désir du retour au pays natal mais en même temps impossible retour chez Émile Ollivier; hallucinations chez Étienne,  folie et cauchemars chez les deux. Le but de cet article est d’analyser la présence de ces  figures mémoratives dans quelques romans des auteurs susmentionnés.

Les grandes marées, dans le roman de Jacques Poulin

ABSTRACT:   Généralement laconique, le titre d’une œuvre littéraire se veut évocateur pour celui qui en prend connaissance, et acquiert une ...

Alfred Garneau paysagiste

ABSTRACT: Si la poésie québécoise était un musée et que nous puissions nous promener d’une salle à l’autre suivant l’ordre consacré, ...

Une Poesie d’Exil

ABSTRACT:   UNE POESIE  D’EXIL  Gilles Marcotte  L  LECTEUR FRANÇAIS n’éprouvera généralement, de-  vant la poésie canadienne-française d’aujourd’hui, aucune impression de  ...

La figure de Gabrielle Roy chez Jacques Poulin et Michel Tremblay

ABSTRACT: IntroductionS’il est permis de prendre acte de la forture d’une œuvre littéraire ou de l’influence exercée par celle-ci, il s’avère ...

De Gabrielle Roy à La Mémoire de l’eau de Ying Chen

ABSTRACT: Si les parents se survivent dans leurs enfants, comme on le dit souvent—c’est le bonheur et le drame des uns ...

La figure de l’Amérindien

ABSTRACT: La vraie littérature n’est pas le lieu de revendication d’identité mais plutôt le lieu de contact faste avec l’altérité : ...