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Cover of issue #222

Current Issue: #222 Recursive Time (Autumn 2014)

Canadian Literature's Issue 222 (Autumn 2014), Recursive Time, is now available. The issue features articles by Hannah McGregor, Aleksandra Bida, Anne Quéma, Nicholas Milne, Jeffrey Aaron Weingarten, and Eric Schmaltz, as well as new Canadian poetry and book reviews.

Drames en série

  • Hélène Lépine (Author)
    Le vent déporte les enfants austères. Éditions Triptyque (purchase at Amazon.ca)
  • Martine Richard (Author)
    Les Sept Vies de François Olivier. Éditions David (purchase at Amazon.ca)

Reviewed by Farah Leplat

Martine Richard et Hélène Lépine font partie de cette nouvelle génération d’écrivains québécois qui a repris le flambeau de leurs prédécesseurs pour nous fait découvrir une autre littérature québécoise, une littérature qui s’élargit, se diversifie, se veut originale. Ici, on est bien loin des romans de la terre, le genre littéraire québécois par excellence, qui, pendant plus d’un siècle, a fait l’apologie de la vie à la campagne. Richard et Lépine ont toutes deux misé sur une approche stylistique qui sort de l’ordinaire et privilégient l’écriture plutôt que l’histoire. Dans Le vent déporte les enfants austères, on nous relate les états d’âmes de Persée, une enseignante en mal de vivre qui essaie tant bien que mal d’aider des amis dont la situation est pire que la sienne. Dans Les Sept Vies de François Olivier, Richard nous fait voyager dans le temps avec son protagoniste, un octogénaire hanté par son passé qui retourne sur le lieu de sa naissance pour connaître la vérité sur son adoption. Dans cet ouvrage, le narrateur fait la chronologie, inversée, des événements qui ont marqués la vie du vieil homme. Le livre contient sept chapitres et chaque chapitre relate une partie de la vie de ce dernier. On fait tout d’abord la connaissance de l’octogénaire, celui qui rend visite à sa femme Rita au Foyer Sainte-Thérèse où elle est internée depuis une mauvaise chute qui lui a fait perdre la mémoire. Puis, on nous présente le jeune homme, le père de famille aux côtés d’Henriette, sa première femme, et enfin on nous décrit l’enfant qu’il a été et sa vie à l’orphelinat Saint-Hyacinthe. Au fur et à mesure que défilent les pages, le lecteur découvre, avec horreur, la tragédie qui a changé à tout jamais le destin de François Olivier. Dans son livre, Martine Richard réunit le présent avec le passé de façon très naturelle. Le texte est poétique et fluide malgré ces nombreux aller-retours dans le temps et l’auteure sait nous tenir en haleine du début à la fin.

Le livre de Lépine est également d’une grande poésie mais peut-être un peu trop audacieux, car l’histoire est assez floue et le format peu conventionnel, ce qui peut confondre plus d’un lecteur. En effet, bien que Le vent déporte les enfants austères soit un roman, il ressemble beaucoup plus à un recueil de poèmes dont la discontinuité des événements relatés et le grand nombre de personnages rendent la lecture malaisée. Le récit est certes chaotique mais c’est peut-être un choix délibéré de l’auteure qui aurait voulu nous faire ressentir le désordre moral dans lequel se trouvent ses protagonistes. Quoiqu’il en soit, la fin du livre est un peu décevante car elle n’apporte pas le dénouement, tant attendu, qui satisferait la curiosité du lecteur. Ce roman poétique est esthétiquement beau mais peut-être trop énigmatique pour être apprécié à sa juste valeur.

Ces deux textes ne laissent pas insensible. Ils expriment des émotions profondes à travers des mots soigneusement choisis. Lépine et Richard ont le soucis du mot juste. Elles aiment faire deviner, décripter la trame sous une montagne de mots qu’elles manient avec beaucoup d’adresse. En voici un exemple tiré du livre de Richard : « La joue de François Frankfurt Olivier est collée à celle de Rita. . . . L’épouse rit. Sa petite main tapote celle de François. Sur leurs doigts, des tas de veines se précipitent aussitôt comme des nonnes affairées. Elles tremblotent, menacent de disparaître, mais résistent le plus possible . . . Leurs joues se décollent, se défroissent sans bruit. » Quelle belle image pour décrire l’amour qui unit le vieux protagoniste à sa femme. Ce moment intime et chargé d’émotions nous va droit au coeur comme ces deux romans.

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MLA: Leplat, Farah. Drames en série. canlit.ca. Canadian Literature, 8 Dec. 2011. Web. 5 July 2015.

This review originally appeared in Canadian Literature #197 (Summer 2008), Predators and Gardens. (pg. 180 - 181)

***Please note that the articles and reviews from the Canadian Literature website (www.canlit.ca) may not be the final versions as they are printed in the journal, as additional editing sometimes takes place between the two versions. If you are quoting from the website, please indicate the date accessed when citing the web version of reviews and articles.

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