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Cover of issue #214

Current Issue: #214 (Autumn 2012)

Canadian Literature's Issue 214 (Autumn 2012) is now available. The issue features articles by Germaine Warkentin, Susan Gingell, Deanna Reder, Allison Hargreaves, Daniel Heath Justice, Kristina Fagan Bidwell, Jo-Ann Episkenew, Andrea King, Joanne Leow, and Ana María Fraile, and new Canadian poetry & book reviews.

Book Review

L'écho humain

  • Agnès Riverin (Author)
    Ce tremblement singulier. Éditions du Noroît (purchase at Amazon.ca)
  • Michèle Gagné (Author)
    L'autre corps. Éditions du Noroît (purchase at Amazon.ca)
  • Denise Desautels (Author)
    L'oe“il au ralenti. Éditions du Noroît (purchase at Amazon.ca)

Reviewed by Jean-Sébastien Ménard

Michèle Gagné publiait récemment L’autre corps, son deuxième recueil, dans lequel elle écrit une poésie du désir où le corps occupe une place centrale. Entre l’origine et l’art, elle s’intéresse aux « fins de monde dressées dans le sang/ dérobant le désir et l’attente ». Elle évoque la mémoire multiple, le va-et-vient de la vie, les blessures, les tremblements de vie, tout autant que l’absence de l’autre.

On note dans sa poésie la présence du fleuve, la volonté de surmonter les épreuves du quotidien. Dans sa marche langagière, on devine la souffrance occasionnée par la perte d’un enfant à naître, « le vide s’étendant partout, accompagnant la mère qui ne sait plus où aller parce que l’immensité ne suffit pas à l’avancée de la solitude ». Malgré tout, il y a au sein de sa poésie la présence du désir ainsi que l’envie de traverser la déception et la douleur; la volonté de « vouloir être de ce monde »; le besoin de murmurer amoureusement le corps de l’écrit, celui que propose Gagné dans ce magnifique ouvrage.

À l’instar de Gagné, la poète et artiste en arts visuels Agnès Riverin s’intéresse au langage du corps. Elle en fait la matière première de son troisième recueil, intitulé Ce tremblement singulier, dans lequel les traces des expériences s’accumulent sur la peau d’une personne comme des bandelettes.

Riverin illustre son idée à l’aide de peintures dont des détails sont reproduits sur la quatrième de couverture et en ouverture du recueil, et que l’on peut observer sur son site Internet (agnesriverin.com). L’artiste y explique sa démarche en ces mots : « Mon travail récent s’inspire d’une séquence d’autoportraits photographiques. On y voit mon corps recouvert de bandelettes de coton ou de plastique. Étendu sur le sol, il se cambre, s’enroule et s’abandonne dans une suite de replis et d’extensions. La gestuelle s’inspire de la marée, de son flux et reflux [...] L’emballement du corps évoque, pour moi, tous ces filtres perceptifs dont il faut se libérer pour communiquer avec l’autre. »

Au long du recueil, le lecteur constate la présence de cet autre ainsi que la douleur brûlant la chair, le vide trop pesant et le besoin, parfois, de trouver quelqu’un avec qui il est possible de se laisser aller, de se laisser emporter, de s’ouvrir à l’inattendu, à ces moments qui finissent par transformer l’être; quelqu’un avec qui il est possible de se questionner et de partager sa vie, quelqu’un pour lequel émerge le désir de combattre l’usure et « les ombres fuyantes que nos peurs inventent ».

La poésie de Riverin est un souffle d’espoir, où être habité par l’autre signifie aimer avec cette liberté de l’accueillir à tout moment, de prendre le large seul quand il le faut. Une poésie où il est possible de se relever de ses blessures.

 

Pour sa part, Denise Desautels publie avec L’œil au ralenti un recueil de textes écrits entre 1989 et 2005 pour des projets de collaboration avec des concepteurs et des artistes. Comme le souligne Lise Lamarche, « dans ce recueil, Denise Desautels réclame l’entièreté de la page pour les mots en faisant le pari audacieux qu’ils sauront se tenir, ses mots, tout seuls. Au lecteur, à la lectrice de convoquer les images. »

Desautels réunit des textes touchants où elle aborde, entre autres, les thèmes de la création, du voyage, du dépaysement et de l’autre. Elle fait aussi référence aux petits riens du quotidien tout en évoluant dans une perpétuelle recherche de la beauté et de la vie, tout cela pour empêcher de retenir « l’écho humain sur les toiles ».         

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MLA: Ménard, Jean-Sébastien. L'écho humain. canlit.ca. Canadian Literature, 8 Dec. 2011. Web. 20 May 2013.

This review originally appeared in Canadian Literature #200 (Spring 2009), Strategic Nationalisms. (pg. 148 - 149)

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