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Cover of issue #214

Current Issue: #214 (Autumn 2012)

Canadian Literature's Issue 214 (Autumn 2012) is now available. The issue features articles by Germaine Warkentin, Susan Gingell, Deanna Reder, Allison Hargreaves, Daniel Heath Justice, Kristina Fagan Bidwell, Jo-Ann Episkenew, Andrea King, Joanne Leow, and Ana María Fraile, and new Canadian poetry & book reviews.

Book Review

Spectres et vertiges

  • Éric Charlebois (Author)
    Centrifuge. Extrait de narration. Poésie faite de concentré. Éditions David (purchase at Amazon.ca)
  • Marie-Andrée Donovan (Author)
    Fantômier. Éditions David (purchase at Amazon.ca)
  • Nadine McInnis (Author), Andrée Christensen (Translator), and Jacques Flamand (Translator)
    First Fire/ Ce feu qui dévore: Poems/Poèmes. Éditions du Vermillion (purchase at Amazon.ca)

Reviewed by Noële Racine

Fantômier de Marie-Andrée Donovan réunit neuf nouvelles comme autant de fantômes pour les narratrices habituellement d’âge mûr qui, étant écrivaines, se révèlent des doubles de l’auteure. Davantage « énergumèn[es…] origina[ux] » et « drôl[es] d’hurluberl[us] » que zombies ou lémures, ces fantômes, visiteurs indésirables de chair et d’os – ou de rêve –, s’ingèrent dans la vie des autres, au point de vicier leur air par le poison de leur désespoir (tel « le revenant » Gustave). Marie-Andrée Donovan pratique un art du suspense qui culmine dans « Est-ce que je te dérange? », la nouvelle la plus savoureuse du recueil. En outre, Fantômier développe des thèmes similaires à ceux de ses ouvrages précédents, notamment l’amour du bleu (« La demie ») et l’écriture (« Le vendeur de billets »). L’auteure n’en renouvelle pas moins son style en cultivant un humour un tantinet caustique et en ajoutant des réflexions à teneur psychologique et sociale. Mais le lecteur n’y trouvera pas la délicieuse candeur (le « ver à soi », le « pou peu ordinaire ») ni les fins percutantes qui faisaient tout le sel des Nouvelles volantes.

Dans Centrifuge, son troisième recueil (prix de poésie Trillium 2006), Éric Charlebois devient une sorte de « toupie gravide » qui « graphite » et « gravite » dans le langage pour accoucher de 33 poèmes de longueur variable (entre 1 et 9 pages chacun), titrés, généralement en vers libres et divisés en 8 « cercles » aux titres acidulés comme des agrumes. Centrifuge développe une verticalité vertigineuse qui renonce au découpage strophique au profit d’une segmentation étourdissante du vers atteignant son paroxysme dans « Synthèse ». De la lecture, se dégage une impression de griserie langagière : y abondent non seulement paronomases, anadiploses et parallélismes sonores, mais également envolées délirantes (« Enfanfaraons »). Recueil prolixe, Centrifuge aurait gagné à être écrémé quelque peu pour conserver la force évocatoire des meilleures images, des plus brillants jeux de mots. Avec un dosage similaire à celui de Faux-Fuyants, il aurait sans doute mis davantage en valeur les poèmes les plus réussis, au premier rang desquels « Vindicte ».

First Fire / Ce feu qui dévore, quatrième recueil de poésie de Nadine McInnis, regroupe vingt-cinq poèmes titrés, en vers libres, et accompagnés de deux photographies couleurs de Vivian Tors qui, bien qu’elles fassent écho à certains poèmes, n’ont pas su me convaincre de leur pertinence. La force du recueil réside sans conteste dans sa traduction admirable, Andrée Christensen et Jacques Flamand ayant su rendre l’essence même des poèmes : « your eyelashes ° bead into icy flashes of blindness » (« tes cils ° se font diadèmes ° aveuglements d’éclats glacés »). Ce recueil permettra au lecteur francophone de découvrir le parcours poétique de Nadine McInnis, des textes des premiers recueils précédant en effet ses nouveaux poèmes, globalement plus engagés, sans toutefois délaisser le thème de la maternité, une constante dans l’œuvre de l’auteure. Dans l’ensemble, des poèmes très forts (« Hésitation ») côtoient des textes qui le sont moins (« Nuptiales des écrevisses »), mais que rachètent des passages d’une beauté indéniable : « Peut-être préfères-tu avant tout que l’os demeure intact, ° sous les plumes, au-dessus d’un cœur qui bat. »



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MLA: Racine, Noële. Spectres et vertiges. canlit.ca. Canadian Literature, 8 Dec. 2011. Web. 23 May 2013.

This review originally appeared in Canadian Literature #191 (Winter 2006). (pg. 176 - 177)

***Please note that the articles and reviews from the Canadian Literature website (www.canlit.ca) may not be the final versions as they are printed in the journal, as additional editing sometimes takes place between the two versions. If you are quoting from the website, please indicate the date accessed when citing the web version of reviews and articles.

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