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Cover of issue #215

Current Issue: #215 Indigenous Focus (Winter 2012)

Canadian Literature's Issue 215 (Winter 2012) is now available. The issue features articles by Renate Eigenbrod, K. J. Verwaayen, Paul Murphy, Sylvie Vranckx, Mareike Neuhaus, Angela Van Essen, and Anouk Lang, and new Canadian poetry & book reviews.

Book Review

Vents et marée

  • Andrée Christensen (Author)
    Depuis toujours, j'entendais la mer. Éditions David (purchase at Amazon.ca)
  • Pierre Yergeau (Author)
    La Cité des vents. L'instant même (purchase at Amazon.ca)

Reviewed by Kinga Zawada

Deux forces de la nature—le vent et la mer—lient les titres choisis par Christensen et Yergeau, et suggèrent le tempo de ces deux délectables romans.

Christensen donne immédiatement le ton à son premier roman en le qualifiant de « roman-tombeau ». Mais grâce au style lyrique et poétique de l’artiste franco-ontarienne, le lecteur se laisse bercer par un thème aussi accablant que la mort. Le récit commence par l’arrivée d’un mystérieux colis envoyé par un archéologue danois à la porte de sa cousine écrivaine. En lui confiant son carnet intime, Thorvald Sørensen la prie de « dévoiler [s]on histoire en la créant ». Intrigué, le lecteur pénètre l’univers de l’énigmatique cousin pour découvrir avec lui que « c’est la mort qui façonne la vie ». Le parcours de Thorvald est ponctué par les trépas de tous ses proches et s’achève par son propre anéantissement « dans les bras de la mer ». En s’incorporant à la mer/mère/mort, il achève sa vie « en toute lucidité . . . et en état de grâce ». La présence de dépouilles, de momies et de portraits des défunts souligne la présence des absents et élucide comment « [m]ortui vivos docent (Les morts enseignent aux vivants) ». Assaisonné de références littéraires et historiques, de légendes nordiques et de quelques mots étrangers, ce splendide roman nous incite à réévaluer notre rapport à la mort, à l’apprivoiser et à l’intégrer à notre quotidien.

Si Depuis toujours j’entendais la mer se déploie avec douceur et envahit le lecteur vague par vague, La Cité des vents progresse avec la vitesse d’un véritable souffle qui balaie tout sur son passage. Ce roman captivant, vif et mouvementé est composé de phrases courtes et de chapitres très brefs. Des mots écrits à l’envers (« Ogacihc », « el evêr », « ruoma ») soulignent la force du vent qui semble avoir déplacé les lettres et reflètent le rythme rapide de ce roman qui rappelle un tour sur des montagnes russes.

La Cité des Vents est le quatrième roman qui relate les épisodes de la saga familiale des Hanse et s’inscrit dans le cycle entrepris avec L’écrivain public et poursuivi avec La désertion et Les amours perdues. C’est avec un frisson de plaisir et d’anticipation que le destinataire de ce volet retrouve le personnage de Georges—l’aîné des enfants Hanse. Après avoir entrevu l’enfance du protagoniste dans les livres précédents, le public est invité à l’accompagner dans ses péripéties d’adolescent en quête de fortune et d’aventure.

Le personnage principal est doté de sa propre voix et narre son histoire, qu’il parsème habilement de réflexions et de doutes pour interpeller et engager le lecteur. Georges dévoile, en rétrospective, son voyage à la cité des vents—Chicago—ainsi que son plan : « ramasser le plus d’argent possible pour ouvrir un commerce, et . . . ne rien dépenser. »

L’aîné des Hanse tentera sa chance dans les espaces marginaux de la grande ville. Après avoir quitté l’Abitibi et traversé illégalement la frontière dans un camion de poires en décomposition, Georges s’enfoncera davantage dans la pourriture en se mêlant aux clochards et aux gueux, et s’éprendra d’une mystérieuse jeune bourgeoise délirante qui choisit ses noms en fonction de son humeur du jour.

Ce récit à la première personne permet d’explorer les « entrailles » de Chicago et de découvrir les recoins et les personnages négligés par l’histoire américaine : la faune des gares, des entrepôts et du dessous des ponts. Plongés dans cette « poubelle » de la cité des vents composée d’éléments hétérogènes, les lecteurs sont entraînés à s’interroger, comme Georges, sur les différentes facettes de l’« American Dream ».

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MLA: Zawada, Kinga. Vents et marée. canlit.ca. Canadian Literature, 8 Dec. 2011. Web. 19 June 2013.

This review originally appeared in Canadian Literature #196 (Spring 2008), Diasporic Women's Writing. (pg. 135 - 136)

***Please note that the articles and reviews from the Canadian Literature website (www.canlit.ca) may not be the final versions as they are printed in the journal, as additional editing sometimes takes place between the two versions. If you are quoting from the website, please indicate the date accessed when citing the web version of reviews and articles.

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