Germaine Guèvremont et le journalisme

  • Germaine Guèvremont (Author)
    Tu seras journaliste : et autres œuvres sur le journalisme. Presses de l'Université de Montréal (purchase at Amazon.ca)
Reviewed by Mattieu Nöel

La romancière Germaine Guèvremont (1893-1968) est surtout connue pour ses romans Le Survenant (1945) et Marie-Didace (1947), deux classiques de la littérature québécoise. Son œuvre littéraire est pourtant beaucoup plus vaste. Dans l’édition critique Tu seras journaliste et autres œuvres sur le journalisme, David Décarie et Lori Saint-Martin présentent certaines œuvres de fictions méconnues de Guèvremont et portant plus précisément, sur le journalisme. Décarie et Saint-Martin entreprennent leur ouvrage avec une introduction de 80 pages dans laquelle ils présentent la carrière de Guèvremont et les œuvres littéraires reproduites dans leur volume. Ils décrivent, notamment, le passage de la romancière dans le domaine du journalisme. De 1928 à 1935, elle est correspondante à Sorel pour le quotidien montréalais The Gazette. Ensuite, de 1938 à 1947, elle collabore à la revue Paysana. La présentation des auteurs se termine avec une chronologie de la vie de Guèvremont.

La première œuvre de Guèvremont reproduite par Décarie et Saint-Martin est Une grosse nouvelle. Dans cette satire du milieu journalistique, Guèvremont raconte les émois causés par la nouvelle d’un accident maritime dans la salle de rédaction d’un journal de région. Les auteurs présentent trois versions d’Une grosse nouvelle : le sketch radiophonique (1933), la nouvelle (1949) et le téléthéâtre (1954). Nous pouvons ainsi noter les variantes que Guèvremont apporte à son texte au cours des années et selon le genre. La seconde œuvre reproduite est Tu seras journaliste. Il s’agit d’un roman-feuilleton à caractère autobiographique publié en dix-huit épisodes dans la revue Paysana d’avril 1939 à octobre 1940. Le texte met en scène Caroline, une jeune femme qui tente avec difficultés de percer dans l’univers masculin du journalisme dans une petite ville semblable à Sorel. Guèvremont souligne ici les injustices qui existent entre les hommes et les femmes dans ce milieu. La troisième œuvre reproduite est Un sauvage ne rit pas, une nouvelle de deux pages publiée dansLa Revue moderne en mars 1943. Dans celle-ci, Guèvremont relate la rencontre d’une journaliste avec un Amérindien désireux de traverser l’Atlantique en canot. À ces trois œuvres, Décarie et Saint-Martin ajoutent d’autres textes assez courts de Guèvremont portant sur le journalisme. Chaque œuvre reproduite dans ce volume comprend plusieurs notes de bas de page dans lesquelles les auteurs apportent des précisions et tracent des parallèles entre les différents textes. Il ne fait aucun doute que les commentaires Décarie et Saint-Martin enrichissent notre lecture de cette part mal connue de l’œuvre de Germaine Guèvremont. Soulignons en terminant qu’une importante bibliographie recensant tous les écrits de cette auteure complète un ouvrage que nous recommandons à tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre de cette pionnière de la littérature au féminin au Québec.



This review “Germaine Guèvremont et le journalisme” originally appeared in Science & Canadian Literature. Spec. issue of Canadian Literature 221 (Summer 2014): 161-62.

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