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Entre orature et écriture : souveraineté, décolonisation et culture populaire autochtones

ABSTRACT: Les littératures autochtones étaient, jusqu’au milieu des années 90, qualifiées de « dormantes ». Ceci vient du fait que la notion de « littérature » fût jusqu’à récemment définie par et catégorisée selon des normes littéraires euro-centriques. Ces dernières ne prennent pas pour compte que les interventions telles que l’oralité, les récits de vie, les performances et témoignages, les discours et manifestes, sont de la « littérature ». Cette absence de reconnaissance a mené à l’impression erronée que les cultures autochtones nécessitaient d’être préservées. Bien au contraire, nous assistons aujourd’hui à un réel engouement d’interventions artistiques qui étirent la notion de « littérature » : on y retrouve, entre autres, bande-dessinée (Gord Hill), science fiction (Grace Dillon), fiction spéculative (Daniel Heath Justice), roman graphique (David A. Robertson), roman érotique (Virginia Pésémapéo Bordeleau), slams territoriaux (Natasha Kanapé Fontaine). Cette notion étendue de la « littérature » peut être vue comme étant un amalgame complexe de genres alternatifs qui renverse les genres littéraires traditionnels – le roman, la poésie et le théâtre – et informe (voire complémente) ce qui a déjà été fait en termes de critique théorique autour de la littérature autochtone. Grâce à la contemporanéité de ces genres, une nouvelle génération d’artistes prend donc possession d’un espace beaucoup plus étendu envers la réclamation et la dotation d’une voix à leur art.

Listening to “Mes lames de tannage”: Notes toward a Translation

ABSTRACT: This paper analyses Natasha Kanapé Fontaine’s slam poem “Mes lames de tannage” from the perspective of a reader who has also translated the slam into English. The process of translating a writer whose mother tongue is Innu but who was raised in French outside her community of Pessamit, a writer who is also in the process of reclaiming her Innu tongue, brings to the fore all the pitfalls of moving from one colonial language to another. Yet there is a need for French-English translations of writers like Kanapé Fontaine, and specifically, of her “territorial slams.” Speaking out against settler-colonial practices of knowledge/ignorance, history/appropriation, and resource development/environmental degradation, “Mes lames de tannage” explores forms of intergenerational inheritance that inhabit the present and carry Innu cultural memory into the future.

“Liv[ing] Poetically upon the Earth”: The Bioregional Child and Conservation in Monique Proulx’s Wildlives

ABSTRACT: A child’s positive attitude towards his surrounding environment, as Sidney I. Dobrin and Kenneth B. Kidd express in their collection on children’s culture and ecocriticism, becomes crucial in the act of environmental planning and activism; and this paper will explore that very connection by following the Canadian child figure’s growth to maturity in Québécoise writer Monique Proulx’s Wildlives. By tracing the formative moments in young Jérémie’s environmental experience, the personal change and self-discovery he undergoes deeply informs the role he will be inspired to take up as an adult—to become a caretaker of nature through the act of conservation. In understanding his connection with his surrounding environment, Jérémie’s emergent feelings of responsibility towards the natural world accentuates the powerful hold the wild places of childhood can have on our sense of self, sense of place, and sense of duty to the very bioregion that shapes those ideas.

Nathanaël, ou l’étrange art du déplacement : Le Carnet de somme et son apatride traversée de frontières

ABSTRACT: La pratique liminaire qui se donne à voir dans Carnets de Somme imagine le soi délesté d’assises traditionnelles nettement délimitées : genre, sexe, nominalisation, ainsi récit, donc trame narrative. Il s’agit d’une esthétique qui trace les contours mouvants de l’identité dite queer, faisant de ce fait allusion aux catégories genrées et génériques héritées de la tradition qui ont limité la conceptualisation du genre, qu’il soit littéraire ou sexuel. Cette esthétique-éthique suggère des ouvertures, des chemins de traverse qui ont à voir avec le refus viscéral de la fixité identitaire traditionnellement imposée, particulièrement délétère pour le féminin traditionnellement dévalué. Ce qui fait l’originalité de la posture de N., l'instance énonciative, donc, c’est l’élargissement de sa situation d’entre-deux à une prise de position qui à la fois englobe et déstabilise, comme on l’a vu, diverses frontières, afin de remettre en question rien de moins que les fondements de la représentation de l’être : sont atteintes les représentations du soi et de l’autre, et donc, nécessairement, des frontières des sexes, des assises de la langue (pronoms), des langues, du singulier et du collectif, et par là, de l’entrechoquement des langues-cultures.

Talking Translation: An Interview with Lawrence Hill

ABSTRACT: This interview with Canadian writer Lawrence Hill addresses some of the difficulties faced by translators of his work, particularly when attempting to render period dialogue and Black idiom as authentically as possible. Much of the discussion focuses on his novel A Book of Negroes (also published under the title Someone Knows my Name, and, in French, as Aminata). The author is asked to reflect on what is lost−and gained−in translation.

Diaspora, anti-souchitude ou les écrivains sans frontière(s)

ABSTRACT: Comment concevoir la littérature dans un monde de plus en plus déterritorialisé sur le plan culturel ? En utilisant la poétique du nomadisme, telle que la conçoit Rosi Braidotti, nous proposerons de considérer la littérature francographique en décloisonnant les classifications actuelles pour souligner les liens rhizomatiques entre les écrivains d’espaces géographiques divers, par delà les frontières. J’examinerai d’abord la notion de frontière(s) et de territoire  pour souligner les maintes façons par lesquelles la culture globalisante du monde moderne les transgresse. Je parlerai ensuite du magnétisme d’un imaginaire façonné ailleurs pour faire ressortir l’entre-deux de l’écriture propre aux communautés disaporales, entre-deux qui exacerbe l’effet de push and pull, de tension créatrice avec la communauté d’accueil. Les propos de François Paré me seront utiles pour tenter de comprendre la "distance habitée" par les écrivains des diasporas francophones au Canada. Je me pencherai enfin sur une vision plus inclusive, telle qu’elle est exprimée par Rosi Braidotti, et qui permet d’effacer les frontières dans et par les mots.

Fantômes du passé chez Émile Ollivier et Gérard Étienne: de l’écriture comme exorcisme

ABSTRACT: L’œuvre romanesque d’Émile Ollivier et de Gérard Étienne tire ses motifs et ses thèmes de deux traumas qui sont dans rapport de cause à effet : la dictature et l’exil. Le passé douloureux des deux romanciers  déploie dans leurs textes ses fantômes et ses hantises dont la puissance obsédante semble inépuisable. À cet effet, l’écriture est pour eux  un rituel  d’exorcisme qui tente de donner forme et corps à l’informe, non pas pour chasser ce passé, mais pour le rendre accessible au logos et, ainsi, en atténuer le potentiel macabre. L’omniprésence spectrale du passé prend diverses dans l’œuvre des deux écrivains : désir du retour au pays natal mais en même temps impossible retour chez Émile Ollivier; hallucinations chez Étienne,  folie et cauchemars chez les deux. Le but de cet article est d’analyser la présence de ces  figures mémoratives dans quelques romans des auteurs susmentionnés.

Les grandes marées, dans le roman de Jacques Poulin

ABSTRACT:   Généralement laconique, le titre d’une œuvre littéraire se veut évocateur pour celui qui en prend connaissance, et acquiert une ...

Alfred Garneau paysagiste

ABSTRACT: Si la poésie québécoise était un musée et que nous puissions nous promener d’une salle à l’autre suivant l’ordre consacré, ...

Une Poesie d’Exil

ABSTRACT:   UNE POESIE  D’EXIL  Gilles Marcotte  L  LECTEUR FRANÇAIS n’éprouvera généralement, de-  vant la poésie canadienne-française d’aujourd’hui, aucune impression de  ...