Actualités

Appel à contributions francophones

November 29, 2018

Chères lectrices, chers lecteurs de la revue Canadian Literature,

Vous le savez déjà, la revue Canadian Literature est une revue trimestrielle avec comité de lecture qui publie des articles en anglais et en français sur les littératures canadiennes. Depuis presque 60 ans, la reconnaissance de Canadian Literature n’a cessé de croître et lui vaut aujourd’hui de figurer au premier rang des publications dans sa discipline. Son engagement à l’égard des lettres se traduit par la publication de comptes rendus d’ouvrages critiques et d’œuvres de création, de poèmes, d’essais, de textes d’archives et d’entrevues d’auteurs. Récemment, nous avons reçu beaucoup plus de soumissions en anglais qu’en français, et je me permets ce petit mot pour souligner notre enthousiasme à recevoir des contributions écrites en français. Nous recherchons aussi des personnes intéressées à écrire des comptes rendus, car nous avons une belle bibliothèque de livres qui n’attendent que d’être recensés — ceux-ci incluent des romans, de la poésie, du théâtre, mais aussi des essais politiques, historiques, et même des livres pour enfants! Bien sûr, si vous avez en tête des titres que vous aimeriez suggérer, en littérature canadienne, québécoise, autochtone, acadienne, etc., nous accueillons avec grand plaisir de telles suggestions. Enfin, les fêtes approchent, quel plus beau cadeau qu’un abonnement à Canadian Literature? Ceux et celles qui aiment la littérature en seront ravis.

De la part de nous tous, ici, à Canadian Literature, nous vous souhaitons de joyeuses fêtes et au plaisir de vous lire en 2019, l’année de notre 60è anniversaire!

— Sarah Henzi, rédactrice en chef adjoint


« Refaire surface » : Une conférence dévouée aux écrivaines canadiennes des années 1970 au Nouveau-Brunswick

April 12, 2018

Sheila Butler
Three Swimmers
Sketching and linocut on paper
Collection of the Owens Art Gallery, Mount Allison University

Du 26 au 28 avril prochain, se déroulera, à l’Université Mount Allison à Sackville et à l’Université de Moncton, une conférence intitulée « Refaire surface : écrivaines canadiennes des années 1970 ». Tel qu’indiqué par le comité organisateur, « ce colloque découle de l’idée selon laquelle les auteures canadiennes – anglophones et francophones – de la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1980 sont en voie d’être redécouvertes ou recontextualisées par la critique littéraire universitaire. Cette période a été fondamentale pour le mouvement féministe ainsi que pour le paysage littéraire à travers le Canada. » De fait, au programme, des communications qui se penchent sur les écrits de femmes canadiennes, québécoises, autochtones, migrantes, anglophones et francophones (entre autres) dévoilent la richesse intellectuelle émanant de ces décennies et, surtout, de l’intérêt de la part des chercheur.e.s contemporain.e.s de revisiter, récupérer, et réactualiser certaines de ces approches critiques. Outre les communications, la conférence accueillera, dans le cadre de tables rondes plénières, des invitées de renommée, dont Marie Carrière, Louise Forsyth, Kathy Garay, Carole Gerson, Sherrill Grace, Karen Gould, Mary Jean Green, Linda Hutcheon, Smaro Kamboureli, Jane Koustas, Lucie Lequin, Jane Moss, Arun Mukherjee, Joseph Pivato, Lori Saint-Martin, Patricia Smart, Conny Steenman Marcusse, Aritha Van Herk. En passant par le théâtre des femmes, la censure d’écrits polémiques, les rencontres du Grand Roman de 1978 ou de Writing Thru Race en 1990, aux presses comme Anansi ou Theytus, et aux droits politiques liées à la publication et à l’édition, le programme promet un large éventail de réflexions autour des institutions, des approches intersectionnelles et de la revitalisation d’œuvres parfois délaissées, et comment celles-ci influencent et informent les processus de recherche, d’écriture et de création de la génération d’aujourd’hui.

Pour tout complément d’information, voir : https://www.mta.ca/resurfacing2018/

 

 


Littératures autochtones et traduction

September 12, 2017

Un nouveau souffle vient agrémenter les corpus anglophones et francophones de la littérature autochtone — et ce grâce à la traduction. Depuis quelques années, notons plusieurs traductions d’œuvres d’écrivains autochtones anglophones maintenant disponibles en français, publiées chez Mémoire d’encrier et Hannenorak. Notons, par exemple : La guerre des fleurs de Domingo Cisneros, Nous sommes les rêveurs de Rita Joe, Ballades d’amour du North End de Katherena Vermette, La force de marcher de Wab Kinew et Paix, pouvoir et droiture de Gerald Taiaiake Alfred. De façon similaire, la maison d’édition Mawenzi a publié, en traduction anglaise, le premier recueil de Joséphine Bacon, Message Sticks, et deux recueils de Natasha Kanapé Fontaine, Do Not Enter My Soul in Your Shoes et Assi Manifesto; Arsenal Pulp Press, Kuessipan de Naomi Fontaine; et, tout récemment, Winter Child de Virginia Pésémapéo Bordeleau, par Freehand Books. Mentionnons aussi des recueils bilingues Languages of Our Land/Langues de notre Terre (Banff Press) ou Terres de Trickster/Lands of Trickster (Possibles Éditions). Ainsi, un nouveau dialogue au-delà des frontières linguistiques s’établit enfin, et les intéressés de la littérature autochtone ont accès à un véritable corpus transnational.


Kwahiatonhk! Salon du livre des Premières Nations, Wendake, QC

November 17, 2016

SLPN2016 - flyerLa cinquième édition du Salon du livre des Premières Nations se tiendra du 25 au 27 novembre 2016, à Wendake et à Québec.

Les quinze dernières années ont vu un développement important de la littérature produite par des écrivains autochtones francophones au Québec. Le nombre de livres publiés se multiplie de façon exponentielle. Même si l’originalité et la qualité de cette littérature sont évidentes, l’infrastructure littéraire québécoise tarde à donner aux auteurs autochtones la visibilité requise à une véritable émergence. C’est ce créneau que Kwahiatonhk! (« nous écrivons ! » en langue wendat) s’est donné comme mission d’occuper par le SLPN, comme il n’existe au Québec aucun autre festival de ce type. Le Salon du livre des Premières Nations (SLPN) est un événement littéraire à échelle humaine où de véritables rencontres sont possibles entre les auteurs des Premières Nations, les éditeurs et, surtout, le grand public (Source: Kwahiatonk! 2016).

L’ouverture officielle, qui aura lieu le 25 novembre à la Maison de la littérature à Québec, soulignera l’œuvre de la poète innue Joséphine Bacon avec le spectacle littéraire Meshkanatsheu. Puis, le cœur de l’évènement se déroulera les 26 et 27 novembre de 10 h à 16 h, à l’Hôtel-Musée des Premières Nations à Wendake. Une vingtaine d’auteurs seront présents pour des prestations, entrevues, ateliers et discussions avec le grand public. Parmi les invités, notons Sylvain Rivard, Michel Noël, Christine Sioui Wawanoloath, Jean Sioui, Manon Nolin, Joséphine Bacon, Naomi Fontaine, Melissa Mollen Dupuis, Kateri Akiwenzie-Damm, Rosanna Deerchild, Domingo Cisneros et le bédéiste Jay Odjick.

Voir le programme détaillé ici.


Compte-rendu d’événement : journée d’études “La Claque. Violence et résilience en littérature québécoise contemporaine”

May 11, 2016

Le 5 mai 2016 s’est tenue sur le campus Glendon de l’Université York, à Toronto, la journée d’études au titre évocateur “La Claque. Violence et résilience en littérature québécoise contemporaine”. L’événement était organisé par Marie-Andrée Bergeron (Université de Calgary), Anne Caumartin (Collège militaire royal de St-Jean), et Marie-Hélène Larochelle (Université York, campus Glendon). En plus des sus-nommées, s’y sont trouvés réunis David Yeasya (U. Waterloo), Naba Al Najjar (U. York, campus Glendon), Daniel Letendre (U. Laval/UQAM), Daniel Laforest (U. de l’Alberta), Thila Sunassee-Thapermall (U. York, campus Glendon), Eftihia Mihelakis (U. Calgary), Sarah Rocheville (U. Sherbrooke), ainsi que les auteures québécoises Chloé Savoie-Bernard et Audrée Wilhelmy.

L’événement avait pour objectif d’interroger les modes actuels de réaction et de résistance à la violence en littérature, mais aussi ceux d’apaisement, d’atténuation, voire de guérison face aux formes les plus immédiates d’exercice de force indue qui caractérisent notre présent. Les glissements lents mais certains de la figure du migrant à celle du réfugié dans les médias, les formes d’affirmation féministes, ou encore queer, la puissance linguistique de la vulgarité, les problèmes liés aux concepts de “présent” et de “normalité”, la vulnérabilité et la subjectivité, les éthiques du care, le statut du corps et les approches biomédicales au 21ème siècle offrent la liste non-exhaustive des sujets qui furent abordés dans les communications et encore davantage lors des échanges pour la plupart passionnants qui les entrecoupèrent.

Il va de soi que la violence est un sujet inépuisable dans les études littéraires, qu’elle soit liée à une histoire culturelle ou non, à une époque ou à une autre. Il n’en demeure pas moins que son étude risque soit l’éparpillement conceptuel, soit l’embourbent dans des généralités tributaires de l’air du temps et des idées à la mode. À ce titre la violence est une notion tout particulièrement sensible à l’influence médiatique. Faute de discernement, le chercheur lui-même risque d’en reconduire les poncifs critiques. Cela, simplement, suffirait à justifier la nécessité d’une journée d’études comme “La Claque”. Mais celle-ci, dans ses grandes lignes, est parvenue à aller au-delà de sa pertinence initiale en donnant un tableau hétérogène quoique étonnamment cohérent et complémentaire des approches parmi les plus actuelles de la violence en littérature. On notera en particulier la charge critique formulée sous plusieurs formes et par plusieurs participants à l’endroit du concept de résilience dont on sent bien qu’il est désormais mûr pour une réévaluation généralisé dans le champ des sciences humaines. On saluera enfin la variété et la flexibilité des réflexions qui, sans déroger aux exigences crues de la résistance et de l’émancipation des subjectivités en situations minoritaires, ont su ne pas verser dans la rigidité identitaire. En somme, il a s’agit d’une journée d’études qui aurait pu être plus longue sans perdre un iota de la charge compacte qu’on avait sans doute voulu lui donner, en la concentrant en un moment de fulgurance analogue à son sujet. Dit autrement, c’est là un exemple à suivre dans l’étude cruciale de la violence en littérature et dans les représentations culturelles.